mercredi 23 avril 2014
Manhattan Market
Gyo Fujikawa illustratrice pour enfants !
jeudi 21 novembre 2013
L’aliénation du spectateur
L’aliénation
du spectateur au profit de l’objet contemplé s’exprime ainsi : plus il
contemple, moins il vit ; plus il accepte de se reconnaître dans les
images dominantes du besoin, moins il comprend sa propre existence et
son propre désir… C’est pourquoi le spectateur ne se sent chez lui nulle
part, car le spectacle est partout.
de Guy Debord
La faiblesse

Bruce Davidson©
La forme la plus banale du courage nous empêche de devenir des criminels
au sens légal du mot, mais il y a la faiblesse inconnue de nous, ou soupçonnée
peut-être ; comme, dans certaines parties du monde, on s'attend à ce qu'un serpent mortel surgisse de chaque buisson, la faiblesse, qui peut ne jamais se manifester, observée ou non, redoutée ou virilement méprisée, réprimée ou peut-être ignorée, pendant plus de la moitié de l'existence, celle-là, nul d'entre nous n'en est à l'abri.
Joseph Conrad - Lord Jim

Libellés :
Bruce Davidson,
Joseph Conrad
Une condition absolue et pénible de l'existence
C'est
lorsque nous essayons de nous colleter avec la nécessité intime d'un
autre humain que nous nous rendons compte combien sont
incompréhensibles, vacillants et nébuleux les êtres qui partagent avec
nous la vision des étoiles et la chaleur du soleil. Tout se passe comme
si la solitude était une condition absolue et pénible de l'existence ;
devant la main que l'on tend on voit se dissoudre l'enveloppe de chair
et de sang sur laquelle est fixé le regard, et il n'y a plus que l'âme,
capricieuse, inconsolable et insaisissable, que nul regard ne peut
suivre, qu'aucune main ne peut retenir.
Joseph Conrad - Lord Jim
Joseph Conrad - Lord Jim
“Mon Dieu comme le temps passe. Rien ne pouvait être plus banal que cette remarque, mais elle coïncidait pour moi avec une vision soudaine. C’est extraordinaire, comme nous marchons dans la vie avec des yeux à demi clos, des oreilles bouchées et à moitié assoupis. Cela vaut mieux, peut-être, et c’est sans doute cet engourdissement qui rend à une incalculable proportion d’êtres l’existence si tolérable et si douce. Rare pourtant doivent être ceux qui n’ont jamais connu un de ces brefs moments de réveil où, en un clin d’œil, nous voyons, nous entendons, nous comprenons un monde de choses, où nous sentons tout, avant de retomber à notre aimable somnolence.”
Anders Petersen à la BNF
Un des plus talentueux photographe suédois point son nez à la BNF pour 4 mois !
Entre ses débuts remarqués, – grâce à la série Café Lehmitz (1975) – et l’œuvre en cours intitulée City Diary, on a vu s’épanouir et évoluer un style parfois imité mais jamais égalé.
Les milieux fermés du Café Lehmitz ou de la prison ont laissé place aux labyrinthes des villes, aux rencontres de hasard. Cependant, le travail actuel était déjà en germe dans les toutes premières images. Les objets, les lieux, les habitants des marges photographiés par Petersen se déploient en une constellation de photographies qu’il assemble, déconstruit, remodèle au gré des livres et des nombreuses expositions. Un monde âpre, une vision fulgurante, tranchante : l’auteur se tourne vers le réel et l’affronte. La puissance inégalable du noir et blanc et l’énergie visuelle d’un snapshot virtuose participent d’une volonté affirmée dès ses débuts : Le désir d’être surpris par l’imprévisible, et le souhait d’approcher l’autre au plus près…
Cette exposition est une coproduction de la BnF, de la galerie VU’ et de Fotografiska (Stockholm), avec le soutien de Iaspis.
Dans le cadre de Paris Photo 2013.
Anders Petersen [photographies]
du
13 novembre 2013
au
2 février 2014
Richelieu
/ Galerie Mansart
L’un des plus grands photographes actuels, Anders Petersen (né en 1944),
présente en 320 photographies les étapes marquantes de son œuvre.
Photographie de rue, portrait, nature morte, les images sont d’abord une
manifestation de ses affects. Entre ses débuts remarqués, – grâce à la série Café Lehmitz (1975) – et l’œuvre en cours intitulée City Diary, on a vu s’épanouir et évoluer un style parfois imité mais jamais égalé.
Les milieux fermés du Café Lehmitz ou de la prison ont laissé place aux labyrinthes des villes, aux rencontres de hasard. Cependant, le travail actuel était déjà en germe dans les toutes premières images. Les objets, les lieux, les habitants des marges photographiés par Petersen se déploient en une constellation de photographies qu’il assemble, déconstruit, remodèle au gré des livres et des nombreuses expositions. Un monde âpre, une vision fulgurante, tranchante : l’auteur se tourne vers le réel et l’affronte. La puissance inégalable du noir et blanc et l’énergie visuelle d’un snapshot virtuose participent d’une volonté affirmée dès ses débuts : Le désir d’être surpris par l’imprévisible, et le souhait d’approcher l’autre au plus près…
Cette exposition est une coproduction de la BnF, de la galerie VU’ et de Fotografiska (Stockholm), avec le soutien de Iaspis.
Dans le cadre de Paris Photo 2013.
jeudi 7 mars 2013
Jean Painlevé - Transition de phase dans les cristaux liquides
Les Cristaux liquides (dont le titre complet est en fait Transition de phase dans les cristaux liquides) est un film abstrait français réalisé par Jean Painlevé en 1978.

Très académique et rigoureux, comme à l'accoutumé avec Jean Painlevé, Transition de phase dans les cristaux liquides s'ouvre sur plusieurs slides, expliquant la façon dont certains liquides, observés à travers un microscope polarisant, peuvent cristalliser en une multitude de structures de formes et de couleurs différentes en fonction des conditions physiques appliquées (température, pression).
S'en suivent des images d'une infinie beauté, avec des textures complexes et bariolées évoluant rapidement. La croissance cristalline vue ainsi à une échelle microscopique est un un véritable feux-d'artifice peint aux couleurs de l'arc-en-ciel. Jean Painlevé trouve la quintessence de la beauté dans l'imagerie scientifique, préfigurant ainsi les futurs efforts de Godfrey Reggio sur Naqoyqatsi. On retrouve d'ailleurs l'absence totale de commentaires qui caractérise par la suite la Trilogie des Qatsi.
Ces images sont en fait là pour illustrer la musique de François de Roubaix, connu pour son amour des sonorités nouvelles (c'était un fervent défenseur du synthétiseur). Savante et étrange, le score s'accorde à la perfection avec l'évolution complexe de ces cristaux liquides, évolution chaotiques et pourtant régie par de savantes équations.
Techniquement, le film est toujours d'actualité. De plus, l'utilisation de cristaux liquides s'est même généralisée depuis 1978 avec leur emploi systématique dans des millions d'écrans.
Si vous aimez les kaléidoscopes et la microscopie optique, vous adorerez Les Cristaux liquides. Sinon, du long de ses 7 minutes, ce court-métrage vous permettra de découvrir le talent de François de Roubaix.

Très académique et rigoureux, comme à l'accoutumé avec Jean Painlevé, Transition de phase dans les cristaux liquides s'ouvre sur plusieurs slides, expliquant la façon dont certains liquides, observés à travers un microscope polarisant, peuvent cristalliser en une multitude de structures de formes et de couleurs différentes en fonction des conditions physiques appliquées (température, pression).
S'en suivent des images d'une infinie beauté, avec des textures complexes et bariolées évoluant rapidement. La croissance cristalline vue ainsi à une échelle microscopique est un un véritable feux-d'artifice peint aux couleurs de l'arc-en-ciel. Jean Painlevé trouve la quintessence de la beauté dans l'imagerie scientifique, préfigurant ainsi les futurs efforts de Godfrey Reggio sur Naqoyqatsi. On retrouve d'ailleurs l'absence totale de commentaires qui caractérise par la suite la Trilogie des Qatsi.
Ces images sont en fait là pour illustrer la musique de François de Roubaix, connu pour son amour des sonorités nouvelles (c'était un fervent défenseur du synthétiseur). Savante et étrange, le score s'accorde à la perfection avec l'évolution complexe de ces cristaux liquides, évolution chaotiques et pourtant régie par de savantes équations.
Techniquement, le film est toujours d'actualité. De plus, l'utilisation de cristaux liquides s'est même généralisée depuis 1978 avec leur emploi systématique dans des millions d'écrans.
Si vous aimez les kaléidoscopes et la microscopie optique, vous adorerez Les Cristaux liquides. Sinon, du long de ses 7 minutes, ce court-métrage vous permettra de découvrir le talent de François de Roubaix.
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